Présidentielle: duel à distance Mélenchon/Roussel à la Fête de l'Humanité
Qui est le plus chez lui à La Fête de l'Humanité ? Les deux candidats de gauche radicale à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, y prennent chacun la parole samedi, le premier espérant notamment récolter le vote communiste.
Devant une foule compacte, qui s'étendait très loin du stand de La France insoumise et débordait dans les allées de la Fête de l'Humanité, Jean-Luc Mélenchon a continué de développer les thématiques économiques et sociales qu'il a fait siennes en cette rentrée politique.
Un discours très compatible avec le public de gauche radicale ou d'extrême gauche de la Fête de l'Humanité.
"Le budget de l'État doit être débarrassé de la charge des aides sans contrepartie au capital", a insisté le candidat insoumis.
"Travailleuses, travailleurs, vous autres, gens du peuple, ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose qu'un rapport de force (entre classes sociales, ndlr) que vous devez inverser", a-t-il également lancé, en ciblant les "fadaises de la main invisible du marché", la métaphore de l'économiste libéral Adam Smith.
Sans mentionner ses adversaires de gauche, qu'il domine à ce stade dans les sondages, le fondateur de LFI s'en est pris à Gabriel Attal, qui a proposé de remplacer le Code du travail par une "Constitution du travail", plus courte.
"Qu'ils s'en aillent tous", a lancé le tribun insoumis sous les chants "On va gagner" des militants.
Lors d'un débat la veille, il avait déjà été chaleureusement applaudi par un public où fleurissaient les maillots de foot "Mélenchon 27" des militants insoumis.
Le patron du PCF Fabien Roussel, qui a officialisé le week-end dernier sa candidature, tiendra lui son premier meeting de campagne depuis la Fête de l'Humanité samedi à 18H00.
L'occasion de présenter son projet résolument communiste pour cette campagne: nationalisations, appels à la mobilisation populaire, renvoi du patron de Total Patrick Pouyanné devant le tribunal...
"On va faire du gros rouge qui tache", reconnaît dans un sourire le porte-parole des communistes, Léon Deffontaines.
"Sur les questions économiques et sociales, on sera plus à gauche et radical que Jean-Luc Mélenchon", ajoute-t-il.
Car le leader de LFI est un peu l'éléphant dans la pièce du PCF.
Ayant pris depuis longtemps le leadership de la gauche radicale, il a fini au premier tour en 2022 avec 21,95% des voix.
Loin, très loin devant les 2,28% de Fabien Roussel.
Mais les Insoumis n'ont toujours pas digéré cette candidature communiste autonome qui a, accusent-ils, privé leur champion de l'accession au second tour à la place de la candidate RN Marine Le Pen. Cette dernière avait en effet fini avec seulement 420.000 voix d'avance sur Jean-Luc Mélenchon.
Surtout qu'aux présidentielles de 2012 et 2017, à l'époque du Front de gauche et aux débuts de La France insoumise, le PCF, sous la direction alors de Pierre Laurent, avait soutenu Jean-Luc Mélenchon.
Avant que Fabien Roussel ne décide de présenter sa candidature, au nom de l'affirmation communiste et des désaccords de ligne politique avec La France insoumise.
"En 2022, comme le PCF n'avait pas été présent sous ses couleurs les deux dernières fois, la base militante communiste était contente de retrouver de la visibilité. Mais cette année, je ne ressens aucun enthousiasme autour de la candidature de Fabien Roussel", assure à l'AFP le coordinateur de LFI, Manuel Bompard.
"Roussel, ça va se régler rapidement. Il invisibilise le PCF", indique pour sa part en privé Jean-Luc Mélenchon.
Cette journée est l'occasion pour les deux hommes de tester leur popularité dans les travées de cette fête politique organisée par le journal L'Humanité, organe historique du PCF.
"Traditionnellement, l'Huma est la fête du Parti communiste, mais les choses ont beaucoup changé", ajoute Manuel Bompard.
Pour affaiblir la candidature de Fabien Roussel et capter au maximum l'électorat communiste, les Insoumis comptent sur des ralliements d'élus PCF.
En lançant encore un appel à l'union avec LFI vendredi lors d'un débat aux côtés de son homologue Mathilde Panot, le patron des députés communistes Stéphane Peu a ainsi promis: "On a quelques mois où on peut encore s'amuser comme ça mais on finira par conclure".
Mais sur BFMTV, Fabien Roussel a promis samedi que sa candidature irait jusqu'au bout dans cette course à l'Elysée, et qu'il ne se retirerait "jamais"
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