Les antennes de Radio France fortement perturbées au second jour d'une grève
Les antennes du groupe public Radio France ont été fortement perturbées lundi au second jour d'une grève pour protester contre le recrutement d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin, accusé par les syndicats de porter des idées d'extrême droite.
La direction a recensé 12,05% de grévistes.
Depuis le début de journée, les émissions habituelles de France Inter, la première radio de France en audience, de France Culture et dans une moindre mesure de Franceinfo ont été remplacées par de la musique, entrecoupée d'un message d'avertissement aux auditeurs.
"En raison d'un appel à la grève déposé par l'ensemble des organisations syndicales représentatives de Radio France demandant le retrait de l’antenne de France Inter d'un édito politique assuré par le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser", indique ce message.
Cet appel à la grève de l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa) concerne l'ensemble du groupe public et porte sur les journées de dimanche et lundi. France Inter avait déjà été perturbée dimanche et n'avait pas diffusé ses programmes, dont l'éditorial hebdomadaire de Charles Sapin.
Réunie lundi à la mi-journée, une nouvelle assemblée générale a demandé à la direction de recevoir l'intersyndicale, faute de quoi un nouveau préavis de grève pourrait être déposé pour le lundi 21 septembre, a-t-on appris de source syndicale. L'hypothèse d'une motion de défiance des salariés de France Inter contre la direction a également été évoquée, a-t-on indiqué de même source.
Venu de l'hebdomadaire Le Point, M. Sapin est devenu cet été directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles.
Depuis le 30 août, il signe un édito politique de 2 minutes 30 le dimanche matin sur France Inter.
Ce recrutement, justifié par la direction au nom du pluralisme à l'approche de la présidentielle, a été immédiatement contesté. Dans une motion adoptée le 2 septembre, les personnels ont exprimé leur "refus catégorique", jugeant Valeurs actuelles "pas compatible" avec le service public.
Ce magazine, qui se revendique conservateur, a été plusieurs fois condamné en justice, notamment pour avoir dépeint en esclave l'élue LFI noire Danièle Obono en 2020. Il était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, passé en 2023 au Journal du dimanche (JDD).
Les syndicats pointent aussi du doigt la présence parmi ses actionnaires du milliardaire proche de l'extrême droite Pierre-Edouard Stérin.
Outre France Inter, l'arrivée de Charles Sapin sur la chaîne de télévision franceinfo a également été contestée par les syndicats du groupe public France Télévisions.
Le sujet du pluralisme de l'audiovisuel public est brûlant depuis la rentrée 2025. Les accusations de partialité en faveur de la gauche ont motivé l'an dernier la création d'une commission d'enquête parlementaire par l'UDR, parti allié au RN.
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